# Rêves et Coincidences #

Publié le par Draszil

Vous le remarquerez peut-être au fil de mes récits, mes rêves ont toujours quelque chose de récurent. Je ne veux pas dire par là que je ne fais pas de rêves "nouveaux", mais que plus aucun n'a une originalité à 100%. Je retrouve toujours soit une personne, soit un lieu, soit une "ambiance" (un parfum surtout, ou plutôt une odeur, quelque chose de caractéristique d'un lieu, qui vous le rappelle même si vous êtes loin d'y être..).

 

Et cette nuit, c'était une fille. Un peu moins grande que moi, de grands yeux sombres, le visage innocent, pâle, et toujours souriant. Les cheveux longs un peu en dessous des épaules, de couleur changeante (je ne me souviens jamais s'ils sont châtains foncés ou un mélange de châtain et de roux...). Un visage qui donne l'impression de toujours vouloir savoir, empreint d'une grande curiosité, et qui pourtant ne pose jamais de questions. Elle se contente d'écouter, d'être attentive, et de guider dès qu'il faut avancer, passant devant, toujours à demi retournée pour vérifie qu'on la suit bien. Elle ne veut pas que je me perde, et même si elle ne dit rien dans ce sens, je le sais, ça se voit dans ses yeux.

 

Enfin passons au rêve de cette nuit...

 

Je me retrouvais apparemment dans un trio d'enquêteurs (policiers ?) dans une foule de fan de SF déguisés en super héros et personnages de BD en tout genres (ça m'a rappelé un épisode des simpson au réveil...). Avec beaucoup de peine, nous réussissons à sortir du bâtiment pour arriver près du corps sans vie entouré de barricades dont nous devions élucider le meurtre. Un type gisait dans son sang, sur le ventre, en costume de Superman. Après un bref "Tu crois qu'il a voulu voler ?" lancé par un des collègues masculins, suivi d'un regard assassin de ma part, la scène change complètement.

 

Et revoici le même trio, traversant une foule de gens déguisés... mais cette fois-ci en plein air, sur une fin de jour, dans de vastes allées cerclées de murailles délabrées où se tiennent des stands divers. Une fête médiévale, on se croirait dans un film d'époque! Et nous essayons d'atteindre un cadavre. J'y arrive loin devant mes coéquipiers, et une fois devant la foule amassée autour, à essayer de les contenir, je me tourne vers les traînards et les vois discuter avec une fille. Cette fille justement. Ils s'arrêtent de marcher et elle me regarde quelques instants, me sourit, puis ils repartent tous les trois dans la direction opposée. Je cours pour les rattraper, et après un moment qui semble une éternité, je me prends les pieds dans les plis de mon immense robe (d'époque, qu'il ne me semblait pas portée jusque là) et tombe au sol, les mains dans la terre, avant d'entendre une lourde porte de bois se refermer derrière moi.

 

La terre humide se mue en sol dur et froid, les bruits de la foule en murmure suivis, les cris des marchands en tintements de verres qui trinquent. Je me retrouve dans une auberge. Deux types assez crades, assis à même le sol à quelques mètres de moi, une choppe à la main, ne cessent de me fixer, faisant force de messes basses. Ils semblent se moquer. Leur visage me dit quelque chose mais je ne saurais dire d'où... Après m'être redressée, je me retourne vivement et me retrouve face à la fameuse porte de bois, jonchée de cristaux, reliés entre eux par de fins cordons blancs, qui se rejoignent en tresses progressivement pour finalement se rattacher à la poignée. Poignée qui, d'ailleurs, et malgré mes sincères efforts, refuse de tourner et de laisser la porte s'ouvrir. J'effleure les cristaux des doigts, et à leurs couleurs et leurs chaleurs, j'arrive à les reconnaître (litho, quand tu nous tiens... >.<). Je les saisis un par un, mais aucun ne semble "vibrer" avec la porte, jusqu'à un magnifique éclat de cristal de roche, bien plus petit que les autres, non taillé. Lui réussit à ouvrir la porte, par simple contact avec la chaleur de mes deux mains.

 

Et là je l'aperçois à nouveau, cette fille superbe, qui semble m'avoir ouvert cette porte que je viens de débloquer. Son rire cristallin résonne dans l'air. La nuit est tombée, les stands sont vides, les rues sont désertées. Après seulement quelques pas en arrière, nous nous retrouvons dans un immense manoir, aussi froid et désert que la rue. Elle me dit quelques mots que je n'ai pas retenus puis s'enferme dans une toute petite pièce. Je fais les cents pas pendant une éternité, et au moment où je me décide finalement à monter un grand escalier dissimulé par une autre porte, elle sort, complètement nue. Son sourire ne l'a pas quitté, et elle s'avance vers une quatrième porte, immense celle-ci, double, lourde, sculptée de motif ésotériques. Une fois la porte déverrouillée et poussée, une pièce circulaire s'offre à notre vue, baignée d'une lumière argentée. Les murs sont sculptés également, présentant deux renfoncements utilisés comme bibliothèque. Sur un bon tiers du tour, ce ne sont pas des murs mais d'immenses vitres qui nous offrent une parfaite vision de la lune qui nous éclaire. La belle me regarde et s'empare d'un petit sac de jute contenant une poudre à l'odeur merveilleuse, peut-être un mélange de plantes, d'huiles et d'encens. Elle commence à tracer un cercle au milieu de la pièce, puis un pentagramme, puis un cercle plus grand, s'approchant des bords de la pièce, et attrape des bougies. La voyant se baisser, dans un mouvement je m'avance vers elle et l'interpèle, la priant de ne pas pencher la flamme vers le cercle extérieur, qui risque de propager le feu aux murs et tentures de la pièce.

 

Un nouveau long moment semble se passer entre mon intervention soudaine et la suite, comme si quelqu'un avait mis le film sur pause. Elle finit par me sourire. "Tu as raison. Je vais effacer celui-ci, va te préparer". Je déglutis difficilement puis la quitte le temps de me dénuder et reviens. La lumière est beaucoup plus intense, et une chaleur presque étouffante a pris la place de l'ambiance glacée du manoir. Le cercle intérieur et le pentacle sont en feu, les flammes sont hautes mais semblent innofensives. La fille tend les mains, attrape les miennes, m'entraîne puis me lâche le temps de fermer la porte. Elle lit la question sur mon visage. "C'est le soir de Samhain, n'oublie pas. C'est le soir des souvenirs, la fin de l'année, le voyage et la renaissance. Tu ne dois surtout pas oublier."

 

Je ne me souviens pas précisément de la suite. Juste d'une célébration très intense, avec la lune ronde en plein face à nous de l'autre côté de la vitre. Des chants ont raisonnés, de la musique, des poèmes, et nous avons dansé. C'était magnifique. Je ne saurais dire la signification de ce rêve, mais il me fait un peu de peine. Je rêve d'une telle célébration (enfin, sans le manoir, je préfèrerai être dehors) mais elle ne se fera que dans mon coeur. Il se passera un long moment avant que je puisse célébrer avec quelqu'un, ne connaissant personnellement aucun païen., ayant peu de place chez moi, n'ayant ni voiture ni permis pour aller en forêt à ma guise, dépendante de ma famille de ce côté là. Mais d'un autre côté, il m'a inspiré pour ma prochaine célébration, dont je vous ferais sûrement part ici.

 

 

Bonne nuit à tous, soyez bénis.

 

 

 

 

 

Publié dans Autel et Grimoire

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